Même si je suis une « nga », j’ai le droit de go au school

Même si je suis une « nga », j’ai le droit de go au school

Reconnue comme un droit fondamental pour la jeune fille, la scolarisation est encore freinée par certaines conceptions socioculturelles. Ce, malgré les efforts des gouvernements et des organisations internationales.

 « La fille est faite pour se marier et faire des enfants. Instruite, elle réduit ses chances de former un foyer ».  C’est l’une des réflexions les plus communes que la société porte sur la question de l’éducation de la jeune fille. Ces clichées populaires ont participé au fil des années, à éloigner la jeune fille des salles de classes pour la maintenir aux activités domestiques conçues pour la préparer au mariage. Un traitement, qui n’est généralement pas le même pour les jeunes garçons.

Maimouna, âgée de 32 ans et vendeuse de beignets quartier Mendong à Yaoundé, raconte comment elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école comme ses frères. « Ma grande sœur et moi restions à la maison pour aider notre mère aux travaux domestiques et champêtres, alors que mes frères avaient le droit d’aller à l’école. ». Elle ajoute : « Mon père nous disait clairement que l’école ne servait à rien pour les filles. Au contraire, elle les éloignait de leur destin qui est de fonder une famille ».

Pourtant, l'éducation est un droit fondamental pour tous les enfants selon l'article 28 de la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989 ratifiée par 195 pays dont le Cameroun. De plus, l’Organisation des Nations Unies dans ses Objectifs de Développement Durable (ODD) notamment le 4e objectif, prescrit l’accès de tous à une éducation de qualité sans distinction, et la promotion des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.

De nos jours, plusieurs faits socioculturels tels que les mariages précoces, les viols et abus divers freinent encore la scolarisation de la jeune fille. Malgré les efforts des gouvernements, trop de jeunes filles restent privées d’éducation. L’UNESCO, relevait en 2016 que 70 % des jeunes filles camerounaises souffrent d’analphabétisme. Le phénomène est surtout visible dans les régions septentrionales du pays. Au Nord par exemple, il touche plus d’un million de filles de 10 à 19 ans, ce qui représente 31,9 % des filles de la région. D’après la même source, en Afrique, 28 millions de filles âgées de 6 à 15 ans n’ont pas accès à l’école contre 62 millions dans le monde.

Ngono Vanessa

Etudiante en master II à l'université de Yaoundé I