Les jeunes et les droits sexuels au Cameroun

Les jeunes et les droits sexuels au Cameroun

Noutcha Issoy Prudence Lubiche, Entrepreneure sociale, Coordonnatrice des programmes chez New SETA,  Coordonnatrice nationale du CYPAN et fondatrice de M.A Africa nous parle des droits sexuels et reproductifs.

Qu’entend-on  par droits sexuels?

Les droits sexuels sont des droits humains, ils constituent un ensemble de droits relatifs à la sexualité qui émanent des droits à la liberté, à l’égalité, au respect de la vie privée, l’autonomie, l’intégrité et la dignité de tout individu. La déclaration des droits sexuels de la Fédération internationale pour le planning familial (IPPF) donne plus de précision sur le sujet. En novembre 2006, le conseil de gouvernance, soit la plus haute instance de l’IPPF a mis sur pied une commission chargée d’élaborer une déclaration sur les droits sexuels. Laquelle déclaration a donné lieu à une charte en matière de sexualité et de reproduction.

Quelles sont les pratiques qui peuvent constituer des barrières au respect des droits à la santé de reproduction des jeunes au Cameroun ?

Il existe plusieurs pratiques qui peuvent porter atteinte aux droits sexuels des jeunes. Plus souvent, les jeunes sont des cibles de coercition et d’exploitation sexuelle, ils sont victimes de pratiques comme les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et/ou forcés, les viols et les violences en relation (violence entre partenaires). Ces pratiques peuvent affecter psychologiquement et parfois physiquement les victimes, les privant ainsi d’une sexualité saine.

Comment les jeunes peuvent-ils revendiquer ces droits ?

L’instruction est la base de tout. Les jeunes doivent d’abord chercher à s’instruire. Il est également très important de dénoncer les bourreaux. Pour cela, il existe plusieurs structures et associations qui prennent en charge ce genre de cas. Il faut se diriger vers l’une d’entre elles selon la situation vécue. Il est vrai que cette étape n’est pas facile, elle demande beaucoup de courage mais, briser le silence permet de faire avancer la situation et de sauver son droit sexuel.  Après, on peut commencer à sensibiliser les autres sur ces pratiques. Ce qui peut se faire à travers les médias sociaux, l’organisation des  séminaires et des plaidoyers. Il est également possible  pour les jeunes de se constituer en réseaux et travailler en équipe.

Propos recueillis par Vanessa Ngono

Ngono Vanessa

Etudiante en master II à l'université de Yaoundé I