Discrimination et stigmatisation, un pas vers une nouvelle génération ?

Discrimination et stigmatisation, un  pas vers une nouvelle génération ?

Malgré les multiples mobilisations pour lutter contre la discrimination et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH dans le monde, ce phénomène constitue toujours un grand challenge pour la nouvelle génération.

Faisant partie des objectifs de la lutte contre le VIH/Sida du millénaire, à savoir le triple zéro (zéro nouvelle contamination, zéro nouveau décès lié au VIH/Sida et zéro discrimination), cette phase n’est sans doute pas la moindre. Elle représente d’ailleurs, l’un des principaux facteurs qui justifient la prolifération de cette maladie en milieu jeune.
En effet, Le regard de la société à l’égard des personnes vivant avec le VIH demeure péjoratif malgré l’amélioration de leur état de santé grâce au traitement antirétroviral. Au Cameroun, sur les 937 000 des personnes infectées, 23 % ont perdu leur emploi, 3 % se sont vus interdire l’accès à une école de formation, 5 % à qui on a refusé des services de santé sexuelle et reproductive, 81,2 % ont été exclues des activités familiales, 72,4 % ont été exclues des activités religieuses et 14 % ont vu leur statut sérologique divulgué sans leur accord par les agents de la santé.

En ce qui concerne les Jeunes vivant avec le VIH, ils continuent d’être jugés dans la société et n’ont que très peu de soutien de leur entourage. C’est pour cela que la plupart d’entre eux préfèrent rester dans un mutisme et cacher leur sérologie à leur proche. Les jeunes comptent parmi les personnes les plus touchées par la discrimination et la stigmatisation. Avec un taux de prévenance de 1,7 % sur les 4,3 % des personnes infectées, les jeunes sont l’une des principales cibles de la lutte contre le Sida. Il faut dire que même si les tabous qui entouraient la séropositivité ont chuté, la situation des jeunes restent encore des plus délicates. En ce sens que, dans cette tranche d’âge qui dit avoir la vie devant elle, les gestes discriminatoires sont plus courants à l’inverse de la tolérance, qui reste au plus bas niveau. Les jeunes vivants avec le VIH continuent d’être victimes de moqueries et d’insultes et dans la plupart des cas, exclus des activités de jeunesse. Comme le prédisait Jonathan Mann directeur du programme mondial de lutte contre le VIH/Sida en 1987, « la discrimination et la stigmatisation prendraient une importance comparable à celle de la maladie elle-même ».

Source : http://data.unaids.org/pub/report/2009/jc1521_stigmatisation_fr.pdf,  l’étude sur l’index de stigma réalisé au Cameroun en 2011 par PPSAC  (Projet prévention du Sida en Afrique centrale)

Erica Emmanuelle Mengue

spécialisée en communication, équipe de rédaction du site