Dans les confessions de Thierry Ntamack et son amour pour « La Patrie D’abord »

Dans les confessions de Thierry Ntamack et son amour pour « La Patrie D’abord »

Après « Sur la route d’un ange », « Le Blanc d’Eyenga I et II », le cinéaste camerounais revient avec le premier film de guerre 100% Kamer, « la patrie d’abord ».

« Ce qui arrive au Nord peut arriver au Sud et c’est exprès que j’ai voulu tourner ces scènes au Sud pour dire que la guerre n’est pas le propre d’un lieu. Elle peut éclater à n’importe quel moment ». Une bonne raison qui est à l’origine de cette nouvelle production de Thierry Ntamack. Avec ses amis de toujours ; Tony Nobody, Saint Père Abiassi et de nouvelles recrues, ils décrivent très bien la situation actuelle du Cameroun face à Boko Haram. Un an de tournage et un mois d’entrainement au sein de l’équipe du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) de Kribi pour avoir le décor parfait et traduire une émotion au spectateur. Les villes de Kribi, Campo, Marienberg et Yaoundé ont été le théâtre de ces opérations fictives lors du tournage de ce film. Pour l’auteur, c’est le premier film de guerre camerounais parce que « l’armée camerounaise ne s’est jamais autant impliquée dans le tournage d’un film ».En effet, La patrie d’abord a bénéficié des costumes, des bateaux et des hélicoptères de guerre, mais aussi des techniques de combat et même des idées de l’armée camerounaise. Le titre du film, bien au-delà de la première idée sur  la guerre que se fera le spectateur, est une occasion pour Thierry Ntamack de se joindre aux autres artistes qui ont voulu soutenir les familles et épouses des soldats engagés au front. 

Il justifie son nouveau choix de film : « je voulais montrer l’esprit de sacrifice, de loyauté, de bravoure de nos forces de défense. Ce sont des hommes qui, après la guerre ont des problèmes de foyer, des enfants qui ne les reconnaissent pas. Ce sont des hommes qui ont abandonné leurs plaisirs, leurs problèmes familiaux pour se sacrifier pour la patrie. J’ai voulu mettre en avant ce qu’on laisse pour aller faire la guerre et que les citoyens ne voient pas. De nombreux soldats reviennent sans leurs jambes, parfois ils ne peuvent plus goutter à la viande tellement ils ont vu des horreurs. Ils rentrent et sont des étrangers pour leur famille. Ils doivent être accompagnés par la société. »

Ce nouveau film sera projeté en avant-première dans les prochains jours dans les villes de Yaoundé et Douala dans un premier temps. La Patrie d’abord s’inscrit toujours dans son concept du « Cinéma au prix d’une bière ». Un concept à travers lequel Thierry Ntamack recherche le rassemblement, la convivialité et la détente en regardant un film.

Ngono Vanessa

Etudiante en master II à l'université de Yaoundé I