Ces pratiques qui violent les droits sexuels et reproductifs de la jeune fille

Ces pratiques qui violent les droits sexuels et reproductifs de la jeune fille

Le mariage précoce, les mutilations génitales, les violences sexuelles, le repassage des seins… sont des abus que continuent de subir les jeunes filles au détriment de la loi et de leurs droits.

11 ans après, Falmata s’en souvient comme si c’était hier. À l’âge de 13 ans, elle a été donnée de force en mariage à un homme de 46 ans. Sans trop avoir conscience de sa situation, elle devenait mère un an plus tard. Même après le décès de son mari, son amertume ne s’est pas effacée. Aujourd’hui, elle vit avec la conviction que rien, ni personne n’a pu la protéger. Et pourtant, il existe tout un dispositif qui a été mis sur pied pour le faire.

Résumé sous l’appellation de droits sexuels et reproductifs, ce dispositif consacre le droit à tous les êtres humains de décider librement, sans aucune contrainte, de choisir chacun son partenaire, d’avoir un enfant au moment où il le souhaite, de vivre à l’abri  des violences sexuelles et de bénéficier d’un accès total aux soins de santé et à l’information.

En plus des mariages précoces qui touchent près de 14 millions de filles de moins de 18 ans dans le monde chaque année, selon l’ONG internationale Girls not Brides, il existe d’autres actes culturels et religieux qui sont des violations pour les droits sexuels et reproductifs. Dans la liste, nous pouvons citer les mutilations génitales, le repassage des seins, le viol et le non-accès aux services de planification familiale et de santé.

Au Cameroun, bien que des mesures pénales aient été prises par le législateur pour condamner ces actes, les statistiques à ce propos restent alarmantes. L’UNICEF a indiqué en 2014 que 22% des filles âgées entre 15-19 ans ont subi un viol. Et d’après les sources gouvernementales, 24% des adolescentes ont subi le repassage des seins et 1.4 % ont été victimes de mutilations génitales.

Face à ce tableau, plusieurs ONG et organismes de la société civile camerounaise se sont constitués en défenseurs des droits sexuels et reproductifs de la jeune fille. Ainsi, nous pouvons citer entre autres le RENATA dont le but est de lutter contre les violences basées sur le genre, l’Association de Lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) qui est une association qui vise à un changement de comportement par rapport à certaines pratiques qui exposent les femmes.

Ngono Vanessa

Etudiante en master II à l'université de Yaoundé I